Nous étions quelques-uns à nous être donnés rendez-vous au Second Souffle, pour y passer un de ces délicieux moments que cette adresse nous réserve, avec toujours cet accueil simple et chaleureux, humain, et qui plus est très professionnel, qui fait un des charmes incomparables de cet endroit.

Bien sûr, ce que nous avons pu déguster ce soir-là avait la saveur et la qualité des autres soirs. Mais sur la scène se produisaient deux musiciens que nous n'avions pas écoutés depuis un certain temps, et là, nous pouvons dire que nous avons été enchantés. 

Olivier Truchot au piano, toujours aussi inspiré, véloce, acrobatique, mélodieux, bluesy, facétieux et virtuose ; Thomas Ibanez, au saxophone ténor, dont le jeu a fait un de ces "saut qualitatif" qui ponctue une certaine quantité non négligeable de travail, mais aussi une recherche passionnée, centrée autour de la mélodie en priorité (dixit Thomas lui-même) : le débit de doubles croches n'est plus un exercice technique, cela devient vraiment une ligne mélodique. ; mais aussi visant une beaucoup plus grande variété de jeu, de vocabulaire, de couleurs. A quoi vous pouvez ajouter un très grand ambitus, une recherche sur le timbre qui le conduit à explorer toute la palette de possibilités de l'instrument, du plus doux au plus rauque, du plus chatoyant au plus mince...

Bref, les deux complices (ils se cherchent se trouvent, se parlent, se répondent et jouent à qui mieux mieux,), nous ont ravis avec des swings "up tempo" : If i Should loose youMoose the Mooche (Charlie parker) ; des "mediums" : It's you or no one, des valses : Jitterburg Waltz ou des ballades : Prélude to a kissIn a sentimental mood...

Difficile de s'arracher du petit restaurant-jazz club de la rue Neuve !

Bernard Otternaud